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La Tisseuse (Contes de fées, contes de failles)

 
  Silhol, Léa
Edition : Oxymore, Collection : Moirages 2004, 320 pages ISBN : 2-913939-37-6 21,30
 

Il est toujours difficile de résumer en quelques mots l'essence et l'histoire d'un roman. Cet exercice est encore plus périlleux lorsqu'il sagit d'une nouvelle... savoir en dévoiler assez, mais pas trop, sur un court texte n'est pas la chose la plus aisée. Mais, cela relève de l'acrobatie la plus abrupte lorsqu'on doit le faire avec des nouvelles telles celles présentées dans ce recueil. Des nouvelles qui plongent au coeur même de la Féerie la plus pure. Je vais toutefois m'y essayer, en tentant de ne pas dénaturer ce qui ne doit pas l'être.

La Gorgone Enfant nous plonge dans une prise de conscience de soi, où une jeune femme apprend à se découvrir. Elle ne s'est malheureusement jamais vue ; on dit en effet que son regard change en pierre tous ceux qui le croisent. D'ailleurs, toutes ses servantes ferment les yeux en sa présence. Seulement, le temps du choix est bientôt arrivé pour elle.

Les légendes aussi peuvent avoir des sentiments et des souvenirs. C'est de ceux-ci qu'est faite la nouvelle suivante, Un miroir de galets. Seulement, la nature profonde peut-elle être réellement modifiée par seulement quelques flashs qui reviennent ?

Dans Les promesses du fleuve, on comprend tout ce que le libre arbitre peut avoir d'intéressant. En effet, il n'est jamais courant de pouvoir réellement choisir son destin. C'est cependant ce qui va arriver à Aclis lorsqu'elle décidera de libérer le prisonnier que personne ne devait approcher.

Les Couleurs d'Automne, cependant, nous invitent plus à réfléchir sur ce que la lignée et le destin nous imposent au cours de notre vie.

En tissant la trame est un merveilleux récit où on voit un jeune homme, Absalon, obnubilé par la réussite sociale, et qui va pourtant s'ouvrir aux sentiments. Seulement, tous les pactes ont un prix, et, lorsqu'on essaye de s'y soustraire, les conséquences sont toujours plus désastreuses que ce que cela aurait dû être.

Il faut toujours se méfier lorsque l'on rencontre par hasard une jeune femme A l'ombre des ifs foudroyés. C'est ce que va découvrir à ses dépends Benjamin. Mais peut-être un peu trop tard. Cependant, ce récit nous démontre aussi que les racines familiales sont toujours plus fortes que les rancunes et les querelles.

Un sujet toujours omniprésent reste le libre arbitre que l'on retrouve dans Le coeur de lhiver, où on assiste à la naissance de Perséphone la Noire.

Il est bien dangereux de ne pas s'intéresser au folklore, surtout lorsque l'on vit dans un royaume réputé pour ses voisins : des Immortels. Frost nous montre à quel point les liens peuvent être lâches face à l'amour véritable, et que la compassion n'est pas forcément dans le coeur de ceux qui la revendiquent ouvertement.

La loi du flocon est un récit qui m'a énormément plu. Tout d'abord, il se déroule dans un Nippon fantastique. Puis, les valeurs énoncées me plaisent, peut-être parce qu'elles font cruellement défaut dans le monde contemporain ? Mais c'est aussi une fable à l'amour qui, s'il est sincère, permet de vaincre tous les obstacles que la vie peut mettre sur notre chemin.

Le lys noir est une nouvelle aux sensations paradoxales. A la fois tellement chromatique et pourtant si terne. Néanmoins, une chose est certaine : il existe des gens qui sont près à prendre de grands risques pour approcher, ne serait-ce qu'un seul instant fugace, la perfection dans leur art.

Runaway Train est, encore une fois, un merveilleux récit des liens qui peuvent exister entre deux êtres qui s'aiment. Need va tout faire pour faire aller son frère à Frontier, là où il sera véritablement chez lui. Et, en décidant de partir, elle prend le risque de ne jamais revenir elle-même. On découvre ici la première nouvelle qui amorce la série sur Frontier que Léa Silhol nous dévoile par petites touches, ici et là.

A l'image de la nuit, l'amour peut avoir un sens de l'humour particulier. C'est ce que vont découvrir les personnages de cette nouvelle, où on apprend qu'il n'est pas forcément bon de jouer avec des sortilèges visant à manipuler les sentiments, puisqu'ils ne font pas forcément ce que l'on attendait deux.

Enfin, pour clore ce recueil, une longue nouvelle, Le vent dans l'Ouvroir. Celle-ci pourrait être une sorte de résumé, mais je préfère parler de prolongement, des autres nouvelles du livre. En effet, on y parle d'amour, de libre arbitre, de destinée et de filiation. Cependant, avec le talent de Léa Silhol, nulle répétition ou lassitude ne prend le lecteur de ces lignes. Il semble même découvrir des thèmes nouveaux, qui ne le sont pourtant pas entièrement.

Il faut aussi noter que le recueil est agencé en saisons. Trois nouvelles pour les quatre saisons, et l'éternité pour clôturer le tout. Et le cheminement de l'eau au milieu de tout cela.

On trouvera ensuite, à la fin, une analyse très fine et extrêmement pertinente de l'ouvrage réalisée par Natacha Giordano.

Lorsqu'on plonge dans les écrits de Léa Silhol, il faut s'attendre à se noyer dans des histoires puissantes, poignantes, dont les racines nous emmènent toujours au fin fond de nous-même, faisant raisonner des cordes parfois oubliées. C'est parfois même à se demander si elle ne fut pas elle-même la muse des premiers conteurs qui narrèrent ces histoires il y a de cela fort longtemps.

On ne parle pas ici de simples histoires de fantasy ou fantastique, mais de délectables mélanges, délicieux à savourer. Puisant dans le théâtre et la poésie, le conte et la nouvelle, la tête nous tourne de contentement en parcourant les lignes de cet ouvrage.

Pour ceux qui connaissaient déjà Léa Silhol, et peut-être même la première édition parue aux éditions Nestiveqnen, ce livre ne peut être qu'un délice de plus. Pour les autres, il est une bonne entrée en matière pour découvrir l'univers de cet auteur qui ne peut laisser indifférent.

Ecrite par WongLi, le 17 Février 2004 à 21:02 dans la rubrique Roman Nouvelle .
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