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Brasey, Edouard

 
  Brasey, Edouard
 

Interview d'Edouard Brasey recueillie par Naolou.

Naolou : Bonjour Edouard Brasey ! Merci de vous prêter au jeu de l'interview pour les Chroniques de l'Imaginaire. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Edouard Brasey : Je suis écrivain, passionné depuis toujours par les univers du merveilleux et de l'imaginaire. A ce titre, j'ai publié une cinquantaine d'ouvrages dont certains, comme La petite encyclopédie du merveilleux (Le Pré aux Clers) sont considérés comme des références dans ce domaine. Je suis également romancier (La Malédiction de l'anneau, saga de Fantasy mythologique chez Belfond), conteur et directeur de collection au Pré aux Clercs dans les domaines de la Fantasy.

N : Comment en êtes-vous venu à acquérir une telle érudition concernant les mythes, la féerie, l'imaginaire ? Est-ce un sujet qui vous a toujours passionné ?

EB : Cette passion remonte à l'enfance, en effet. Mais plus tard je me suis intéressé au "réel", lors d'une première carrière en tant que journaliste d'investigation, avant de revenir à l'invisible et à l'imaginaire, mais en traitant de ces sujets souvent méprisés avec le même sérieux que les sujets réputés plus sérieux. Quant à l'érudition dont vous parlez... il s'agit avant tout d'années de recherches, de lectures, de documentation...

N : Comment se traduit cette passion au quotidien ?

EB : Dans le travail, tout simplement ! J'écris, je lis, j'évolue dans ce monde de façon naturelle... Mon bureau est d'ailleurs envahi de livres, mais aussi de reproductions de fées ou de lutins. Je suis plongé dans la Féerie en permanence, ce qui ne m'empêche pas de m'intéresser au monde extérieur, mais en lui portant un regard plus détaché, plus ouvert peut-être...

N : Vous souvenez-vous de votre première expérience avec le fantastique ?

EB : Des lectures de romans de SF lorsque j'étais ado, sans doute. Philip K. Dick a été une grande révélation, avec ses univers schizophrènes dans lesquels on a du mal à distinguer ce qui est vraiment et ce qui fait semblant d'exister. Les simulacres, les uchronies... C'est de cette époque que j'ai la conviction que le réel, ou ce que nous nommons comme tel, concret et limité, n'est qu'un aspect de l'imaginaire, illimité.

N : Votre production littéraire est abondante. D'où vous viennent ces sujets de livres sans cesse renouvelés ? Avez-vous l'impression d'avoir encore beaucoup à écrire ?

EB : Il y a plusieurs aspects. D'une part, je suis revenu en effet sur des sujets que j'avais déjà abordés voici quelques années, notamment l'univers de Féerie et du Petit Peuple, mais d'une façon différente. Mon éditeur actuel, le Pré aux Clercs, m'a en effet donné l'occasion de publier des "Encyclopédies" illustrées, qui m'ont permis de donner une forme définitive à des thèmes que j'avais jadis évoqué par le seul texte. Ensuite, il se trouve que je m'intéresse désormais à des traitements plus "fictionnels" de ces légendes, à travers d'une part des traités apocryphes, grimoires secrets que je publie après les avoir adaptés, d'autre part par le biais du roman, qui permet de développer des récits de façon plus libre. Dans l'avenir, je pense me consacrer d'avantage à la fiction que par le passé. Et j'ai de nombreux sujets en tête !

N : Auteur prolifique, êtes-vous également ce qu'on appelle un "gros lecteur" ?

EB : Pas autant que je le voudrais. Je lis "utile", pour ma documentation. Je lis aussi, parfois avec retard, les manuscrits que les auteurs me soumettent. Mais je m'accorde de temps à autres des lectures "plaisir", qui me permettent de me ressourcer. Je change alors de genre : je relis des classiques du dix-neuvième siècle ou des thrillers policiers.

N : Quels écrivains vous inspirent ?

EB : J'ai été inspiré jadis par plusieurs écrivains : Stendhal, Jean Giono, Anatole France, Anthony Burgess, Jean Raspail, Jean Ray, Simenon, Boris Vian. Mais je n'ai plus le temps de les (re)lire, hélas...

N : Quel(s) livre(s) lisez-vous en ce moment ?

EB : Des manuscrits d'auteurs que je vais publier bientôt. Notamment Claire Panier-Alix et sa grande saga des Chroniques insulaires.

N : Quel est votre dernier coup de coeur en matière de livre ?

EB : Fabrice Anfosso, Le chemin des fées, chez Nestiveqnen. C'est un jeune auteur très prometteur.

N : Pouvez-vous nous en dire plus sur vos fonctions au sein du Pré aux Clercs ?

EB : En tant que directeur de collection, je rencontre des auteurs, je lis des manuscrits - parfois au bout de plusieurs mois, car je n'ai pas assez de temps - et lorsque le ton me plaît, et après avoir éventuellement conseillé l'auteur sur des corrections qui me semblent nécessaires, je soumets les textes à mon éditeur. Si ce dernier aime aussi le texte, nous rencontrons l'auteur et, lorsque tout va bien, l'auteur est publié. Mais nous ne publions que quatre à cinq nouveautés par an, alors que je reçois des dizaines de manuscrits !

N : Vous présentez vos deux dernières parutions (Traité de Vampirologie et Traité de Faërie) comme étant écrites de la main de personnages éminents de l'imaginaire (Van Helsing et Ismaël Mérindol). A-t-il été agréable de leur prêter votre plume ?

EB : Oui, cela m'a permis de jouir d'une grande liberté à travers une contrainte de départ. C'est très agréable de "s'oublier" en prenant l'identité d'un personnage de fiction et d'écrire à sa place... Cela se rapproche d'ailleurs du travail du romancier...

N : D'autres ouvrages de ce genre sont-ils en préparation ?

EB : Deux autres traités verront le jour au printemps 2010, mais il s'agira de grimoires classiques dont je suis en train de rechercher les textes...

N : Le sommeil du dragon, second tome de votre série consacrée aux mythes nordiques, est paru chez Belfond le 7 mai 2009. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette tétralogie ? Qu'est-ce qui a motivé son écriture ?

EB : J'ai découvert les mythologies nordiques et germaniques voici 35 ans, grâce à Richard Wagner et son Ring de Nibelung. A la même époque, j'ai lu Le Seigneur des anneaux de Tolkien. Plus tard, j'ai découvert que ces deux créateurs s'étaient largement inspirés des Eddas nordiques, et des légendes remontant au treizième siècle. Je suis remonté aux sources de ces légendes et les ai romancées à ma façon, mais en demeurant fidèle à l'esprit d'origine. J'ai accompli dans une certaine mesure le travail que faisaient jadis les scaldes, les conteurs nordiques.

N : On note un changement radical de graphisme pour la couverture de ce second tome. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ? Pourquoi vous êtes-vous adressé à Didier Graffet ?

EB : Je connais Didier depuis plusieurs années, et il collabore à mes livres illustrés au Pré aux Clercs. La couverture du premier tome, Les Chants de la Walkyrie, était illustrée par Arthur Rackham, illustrateur du début du vingtième siècle que j'adore mais qui utilisait des tons pastels qui aujourd'hui paraissent un peu fanés, désuets. J'ai demandé à Didier de concevoir des couvertures plus actuelles, avec des codes couleurs très affirmés : fauve pour Les chants de la Walkyrie, vert pour Le sommeil du dragon. J'ai souhaité aussi que le titre de la série, La malédiction de l'anneau, soit mis en valeur, avec en rappel l'anneau maudit sur la couverture de chaque tome. C'est un travail de couverture et de présentation qui aurait dû être fait avant le premier tome, mais mieux vaut tard que jamais...

N : Merci de nous avoir consacré un peu de temps pour cette interview. Je vous laisse le mot de la fin ?

EB : Je travaille actuellement sur la fin de La malédiction de l'anneau, qui paraîtra en 2010. Fin 2009 verra aussi la sortie de mon Encyclopédie des héros ainsi qu'un Agenda du  merveilleux au Pré aux Clercs (avec Sandrine Gestin et Didier Graffet pour le premier). Je vais également "parrainer" la sortie de jeunes auteurs fin 2009. Et j'ai ensuite d'autres projets, notamment romanesques. Mais nous aurons l'occasion d'en reparler plus tard ! Merci en tout cas pour vos questions et votre accueil...

Ecrite par Naolou, le 10 Juin 2009 à 11:06 dans la rubrique Interviews .
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