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Sîn le dernier poète

 
  Séoudi, Noureddine
Edition : Atria, Collection : Fantasy 2009, 468 pages ISBN : 978-2-918078-06-7 22
 

Deux jeunes enfants de quatorze ans s'amusent au bord d'une rivière du Naharina tandis que leur tuteur, un mage nommé Felden, observe la nature avec somnolence. Il décide pourtant d'intervenir lors d'une dispute un peut trop bruyante de la part d'Imrou et de Rânsa : en effet, le garçon avait trouvé un étrange coquillage dans la rivière, et la jeune fille voulait y écouter la mer. Mais ce qui étonne surtout le mage, c'est qu'une telle conque est sensée provenir de la mer... et qu'ils sont en au centre du continent des Deux Terres. De plus, sur le coquillage semble gravé d'étranges lettres du vrai langage, le njomalil, qu'il semble incapable d'interpréter alors qu'il le parle bien. Il semble donc que Felden doive partir pour la cité des mages, à Kudram, dans la tour d'Esagil. À ces mots, Imrou et Rânsa sont fous de joie !

En chemin, Felden rencontre son ami de toujours, Siméon, un poète chez les Naharins et sacré aventurier. Avec lui se trouvent son neveu et sa nièce, messagers officiels du Naharina, qui doivent justement porter un message à la tour d'Esagil. C'est ainsi que toute la compagnie part suivant la rivière... mais sont-ils vraiment seuls, et cela n'est-il pas sans danger ? En effet, Felden et Simeon devinent l'importance de l'apparition de la conque, et les signes évidents de lendemains difficiles. Ils savent, eux, qu'au loin, un arbre important se meurt, et avec lui la poésie de Sîn.

Il est difficile de résumer en quelques mots le début de Sîn, le dernier poète. Il faut dire que Noureddine Séoudi a véritablement l'art des mots, comme le suggérait le titre de son premier opus. Ainsi, et particulièrement dans la première moitié du roman, de nombreux contes et légendes des Deux Terres et de leur création sont narrés, avec l'excuse de l'apprentissage des quatre jeunes, mais servant surtout à nous faire découvrir la richesse du monde décrit, avec un fort accent oriental (on y parle notamment de Djinns et d'oiseaux Rocks, et d'autres références encore). Néanmoins, les Deux Terres ne sont pas uniquement centré sur l'orient (même s'il en est basé), Felden et son ordre forment un grand classique de la fantasy occidentale, et ce n'est qu'un exemple.

En effet, si le monde est d'une grande richesse (notamment dans le bestiaire qui diffère des classiques du genre), on ne peut pas nier qu'il contient quelques clichés du genre, comme certains peuples très caricaturaux où tous les représentants décrits sont de même caractère, métier etc. Citons donc les Kindéris chevaliers, ou encore les Sinéens qui me font quand même très largement penser à des Elfes sans les nommer comme tels (contrairement aux Ninias qui sont bels et bien des Nains troglodytes à souhait). Néanmoins, ces faits rentrent dans l'histoire avec toutes les explications ce qui fait que tout est cohérent, et l'on peut donc pardonner à Noureddine Séoudi d'avoir créé une "Belgariade tolkiennienne" à la sauce orientale. De toute manière, d'après Eddings, la création d'un monde de fantasy n'a rien de secret. L'important, c'est qu'il tienne la route, ce que font les Deux Terres.

Car Noureddine Séoudi place son monde sur un aspect philosophique très précis, celui de la poésie. Tout en est né et lié. D'ailleurs, le récit de la création du monde - dont les références mythologiques me semblent fortement être les mêmes que celles de l'Ainulindalë de J.R.R. Tolkien - n'en fait pas mystère. Forcément, des véritables poèmes se doivent donc d'apparaître dans le roman, et ce sont quelques très longs vers qui apparaissent, portant souvent en eux des brides de prescience et qu'il ne faut donc pas négliger à la lecture. D'ailleurs, l'auteur distille les éléments un par un, et je suis persuadé qu'une relecture nous permettrait de comprendre des détails expliqués plus tard et qui nous auraient échappé lors de leur première occurrence.

Une telle originalité est assez logique, l'auteur étant (je le cite) historien, bon connaisseur des cultures orientales, et qui s'est servi de cette spécificité pour créer ce monde imaginaire, agrémenté de moult détails, comme (et là encore je le cite) une langue principale élaborée à partir des symboles des constellations. Tout un programme qui est à mon sens loin d'être complètement dévoilé. J'ai cru lire quelque part (peut-être sur le site internet dédié au livre) que l'auteur prévoyait une trilogie. À mon sens il y a de quoi en faire bien plus.

On pardonnera quelques oublis des correcteurs (je me doute que ça ne doit pas être le plus simple pour une petite maison d'édition avec un roman de cette taille... un beau pavé) pour ne garder que le meilleur, un texte qui se lit crescendo, comme les bons contes qui font des bons amis. Maintenant que je suis apprivoisé avec les Deux Terres, je ne compte pas en rester sur cette unique expérience. Merci M. Séoudi, car à présent que j'ai lu cet excellent roman, moi aussi je pourrais en parler des heures !

Vous l'aurez donc compris, Sîn, le dernier poète est un vrai coup de coeur pour moi. Il me confirme que de nombreux auteurs inconnus, édités par des maisons discrètes, peuvent être de véritables petits bijoux, comme l'ont été des titres comme La gloire de l'Ĕdánkan, Les perles d'Alaya, Norânaë ou encore le gentil Au nom du Feu sacré, dont vous verrez les chroniques ici même. À découvrir !

Ecrite par Garion, le 07 Avril 2010 à 12:04 dans la rubrique Roman Fantasy .
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