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N'oublie pas de me dire adieu (Borderline - Tome 2)

 
  Robin & Berr
Edition : Bamboo, Collection : Grand Angle 2009, 48 pages ISBN : 978-2-35078-578-3 12,90
 

Wanda n'était pas son véritable prénom. Plutôt le nom du personnage qu'elle s'était forgée pour affronter sa nouvelle vie. Ses parents étaient morts alors qu'elle n'avait que vingt ans. Et à vingt ans, quand on se retrouve seule, il y a des choses qui nous dépassent. Du coup, Wanda a choisit la voie la plus simple pour se faire du pognon rapidement. Elle savait qu'elle avait un physique avantageux, comme on dit, aussi, elle s'est mise sur le trottoir. La première fois, ça a été bizarre. Vraiment bizarre. Mais pas aussi terrible qu'on aurait pu le penser. Et puis, se faire la moitié d'un mois de salaire avec une pipe, cela avait de quoi faire réfléchir. Mais Wanda s'est rapidement retrouvée confronté au monde de la rue et du tapin. Elle ne savait pas qu'il y avait des territoires sur lesquels il ne fallait pas se retrouver. Mais elle apprit rapidement. Très rapidement.

Fernando fut réveillé ce matin-là par les cris d'Estelle. Il avait passé la nuit à écrire sur les dessins qu'elle avait préparés pour son propre boulot. Mais ce n'est pas vraiment ça qui inquiétait Fernando. Parce qu'il avait été repris par ses crises d'écriture nocturnes incontrôlable. Et la dernière fois, tout ce qu'il avait écrit s'était produit. Il accorda donc la plus grande importance à ses notes. Surtout que, comme il s'en rendit rapidement compte, elles concernaient une femme qu'il connaissait : Wanda, la pute avec laquelle il passait du temps sans jamais avoir couché avec elle. Il la payait juste pour l'écouter. Une sorte de psychothérapie en talons aiguille. Par contre, les notes de Fernando n'étaient pas du tout du goût d'Estelle. Le récit était à la première personne et elle sentait qu'il y avait quelque chose d'étrange entre Fernando et cette Wanda. Ah, être capable d'être jalouse même de mots posés sur des bouts de papier Mais Estelle n'avait pas forcément complètement tort. Parce que même s'il ne s'était jamais rien passé entre Wanda et Fernando, la prostituée commença à occuper l'esprit de ce dernier de manière obsessionnelle. De quoi rendre n'importe quelle femme jalouse.

Mais Fernando savait que ce qu'il écrivait était plus qu'un conte de pute. C'était l'histoire sordide d'une femme qui voulait s'en sortir. Une histoire qui risquait de mal se terminer s'il ne s'y mêlait pas.

Le premier tome de Borderline avait surprit tout le monde avec son histoire riche, captivante et intelligente et son dessin précis, détaillé et dans un style bigrement efficace. Le personnage aux airs de Jean Reno avait beaucoup aidé à capter tout de suite l'attention du lecteur. Aujourd'hui, ce n'est plus qu'un détail et on s'arrête plus sur qui est Fernando plutôt qu'à qui il ressemble. Une nouvelle fois, la narration d'Alexis Robin est fluide, sans temps morts, et fait plonger le lecteur dans cet univers sordide, qui est pourtant le notre enfin, à deux pas de chez nous. Par contre, pour cette nouvelle histoire, Fernando est directement impliqué, émotionnellement. C'est une personne qu'il connaît dont il va décrire la vie. Et cela va le toucher encore plus que la fois précédente. Surtout qu'il sait maintenant que ce qu'il écrit, même si cela est bon et vendeur, n'est en rien une fiction, bien au contraire.

Nathalie Berr au dessin nous fait replonger dés la première planche. On s'y croit et on ne lâche plus la lecture. Parce qu'on apprécie Fernando, même si c'est un grand nigaud. Parce qu'on apprécie son côté romantique, même s'il prend pour cible une femme qui n'est pas pour lui. Et puis elle arrive à bien suivre la narration d'Alexis Robin dans le ton et de ne créer aucune dissonance. C'est toujours aussi précis et agréable. Bref, une véritable réussite.

Si vous ne l'aviez pas encore compris, ce deuxième tome de Borderline est une nouvelle fois un gros coup de coeur. C'est intelligent et devrait être mis entre toutes les mains de bédéphiles adultes.

Ecrite par WongLi, le 12 Mars 2009 à 05:03 dans la rubrique BD .
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