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Macao Blues

 
  Eisler, Barry
Edition : Belfond, Collection : Nuits noires 2006, 382 pages ISBN : 2-7144-4139-4 20
 

John Rain pensait couler des jours paisibles au Brésil où il s'était retiré. Hélas, rattrapé par son passé et son employeur, le voilà de nouveau sous contrat avec la CIA afin d'éliminer un certain Belghazi, marchand d'armes de son état. Cependant, un élément inattendu vient compliquer sa mission : pourvu de très longues jambes et de cheveux blonds, il répond au doux nom de Delilah. Bien malgré lui, John Rain va devoir intégrer ce nouveau paramètre tout en se demandant comment la considérer : adversaire ou partenaire ?

Pour corser encore la situation, John se sentant menacé, va découvrir qu'un contrat a été mis sur sa tête. Par qui ? Pourquoi ? Telles sont les questions auxquelles il devra rapidement trouver des réponses sous peine de voir son rendez-vous avec la mort arriver plus tôt que prévu.

Macao Blues est le troisième roman de Barry Eisler mettant en scène John Rain le tueur à gages après La Chute de John R. et Tokyo Blues. Ce héros récurrent, d'origine américano-japonaise, ancien du Vietnam, est séduisant, versé dans les arts martiaux et les techniques de combat rapproché et considéré comme l'un des meilleurs dans sa partie. Il est également très indépendant, incontrôlable et sûr de lui avec pour seul credo : agir seul et se fondre au maximum dans son environnement afin de passer inaperçu. Il est donc réjouissant de le voir déstabiliser en présence de la séduisante Delilah, belle espionne au service du Mossad dont il ne comprend pas toujours les motivations. Cette dernière joue de son charme comme d'une arme. Douée d'une grande intelligence et d'une efficacité redoutable, elle se révèle aussi insaisissable que John avec qui elle fait jeu égal.

Le personnage de Dox, sniper ayant combattu aux côtés de John Rain en Afghanistan est également intéressant à suivre. Son aspect caricatural, un soldat avec beaucoup de muscles et peu de jugeote, le rend d'autant plus surprenant lors de la mise en lumière de ses multiples facettes.

Ce roman est passionnant d'un point de vue psychologique car le lecteur s'imagine sans peine dans la peau du tueur professionnel, le livre étant écrit à la première personne. On se prend au jeu de penser comme lui, de se demander si on a choisi un endroit stratégique pour s'asseoir dans le parc. On peut également lui reconnaître de grandes qualités didactiques et pédagogiques : le personnage se transformant occasionnellement, et malgré lui,  en enseignant pour dispenser des cours d'anatomie et de techniques de combat (arts martiaux, lutte etc.).

Cette uvre est auréolée de cynisme et baigne dans le sarcasme puisqu'elle fait corps avec la personnalité du tueur à gages. Ainsi, il s'en dégage une ambiance très particulière car celui-ci imprime sa marque de baroudeur revenu de tout, transpose ses analyses sur la politique, la CIA, et parfois son vague à l'âme, sa solitude. Il insuffle son rythme au roman à cause de leur interdépendance. Enfin, observer la situation du point de vue du meurtrier et non de celui d'un policier est assez original et excitant. L'atmosphère exotique ajoute une touche de dépaysement et de légèreté bienvenue.

Le style est plutôt courant voire oral puisqu'il s'agit de suivre tour à tour le mode de penser et la façon de s'exprimer de John. Tout est en harmonie avec ce qu'on peut attendre d'un tel héros.

Au final, un très bon livre où l'on ne s'ennuie pas une seconde. On a affaire à un roman d'espionnage qui dénoue l'imbroglio des relations internationales, qui montre les rouages d'institutions telles que la CIA et on ne peut s'empêcher de trouver un écho avec le film Syriana, sorti récemment sur les écrans français, essentiellement en ce qui concerne le comportement ambigu de cette dernière.

Une ultime remarque pour la route : la lecture de Tokyo Blues peut s'avérer un plus car elle permet de mieux comprendre le personnage, de mieux le cerner. À vous de jouer.

Ecrite par Sig, le 06 Mars 2006 à 16:03 dans la rubrique Roman Polar .
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