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Les terres qui rêvent (Contes Myalgiques - Tome 1)

 
  Dau, Nathalie
Edition : Griffe d'Encre, Collection : Recueil 2007, 156 pages ISBN : 978-2-9529239-2-7 12
 

Je me souviendrai toujours de ma première rencontre avec Nathalie Dau. Je passais dans le salon du livre de Marquette-lez-Lille il y a deux ans, et j'ignorais tout de ce petit bout de femme. Alors que je pensais lui parler seulement quelques minutes, nous avons discuté bien pendant plus d'une heure et demi, et encore c'est parce qu'il fallait que je parte pour des raisons familliales. Pourquoi expliquer cela, me direz-vous ? Eh bien tout simplement pour vous faire cerner le personnage. J'étais pourtant loin de me douter de l'étendue de ses influences, tout au plus je savais qu'elle écrivait des nouvelles, dirigeait des anthologies et avait en tête et un peu plus qu'en brouillon une décalogie de fantasy - rien que cela. Donc lorsque Magali Duez des éditions Griffe d'Encre m'a annoncé la publication d'une de ses nouvelles dans l'anthologie Ouvre-toi !, j'étais déjà très intéressé, mais là qu'un recueil entier lui est consacré (et ce n'est que le premier vu le titre), je l'étais encore plus... avec en toile de fond la peur d'être déçu. Puis je l'ai reçu, avec un petit marque page inclus (et merci à Menolly pour la griffe d'encre dessus).

Déjà, ce livre est beau. Pas très épais, à peine 162 pages tout compris, mais écrit assez fin pour ne pas croire qu'il s'agit d'un livre de contes pour enfants. Et la couverture de Magali Villeneuve me fait fortement penser à cet être fée qui parcoure la plupart des nouvelles incluses. Un bon point, mais bon, c'est l'écriture qu'il me fallait apréhender. A l'intérieur, onze récits et une postface émouvante de Jean Milleman, qui nous donne a posteriori un parallèle entre la vie de l'écrivain et quelques phrases ciblées de son oeuvre. A noter que toutes les références ne sont pas issues de ce livre, ce qui a été expliqué par l'auteur de cette postface. Petit repproche néanmoins, un petit portrait de lui aurait été de mise. Les onze nouvelles vont parcourir tout l'imaginaire de Nathalie Dau à travers les mondes et les époques, sans véritable autre point commun que le merveilleux qui existe toujours en toile de fond.

Certains thèmes se rapprochent, ou s'opposent tout à fait alors que la manière elle n'est pas si différente. Par exemple dans le premier, La femme, la sorcière et l'amour c'est une femme aimante qui fait tout pour retrouver son amour perdu, et qui pour cela doit se rendre dans la forêt. A l'inverse dans Lucine, c'est une femme qui n'aime plus qui va devoir se rendre en forêt. Dans Le violon de la fée, une étudiante va faire une rencontre encore une fois dans une forêt et basculera dans un autre monde. On peut deviner donc la prépondérance de la nature dans l'esprit de l'auteur. A l'inverse, la technologie et la modernité ne font jamais bon ménage : la bête dans la machine à vapeur dans Le violon de la fée, les trottoirs intelligents de Canéopolis, dans Demain les trottoirs, ou encore plus simplement les royaumes face à celle qui vit sur son cap dans Aenor. Rien de bon ne vient jamais de là.

Autre thème majeur que l'on peut découvrir, celui du respect de l'expérience, du poids des ans. Dans Bonne année ! le fils d'un dieu se voit respecter le roi qui ne lui a guère adressé la parole pourtant. Le shaman dans Vale fratrer ne traite pas la sorcière Khocedabam comme un simple monstre vivant depuis la nuit des temps, mais cherche à la comprendre. Encore une fois, ce thème a son pendant, car les gens différents sont toujours rejettés par les hommes, qu'ils soient des femmes comme dans Lucine, Trolls comme dans Faux pas, poivrot comme dans le Siestophage (en particulier face à l'éminent fonctionnaire), SDF dans Demain les trottoirs ou encore infirme dans Le violon de la fée.

Enfin, bien que l'on pourrait encore discuter pendant des heures sur les réflexions apportées par Nathalie Dau, le thème qui m'a le plus marqué, c'est les dégradations apportées par les hommes. Deux nouvelles qui se succèdent portent le mieux cet argument : Désespérée, et Demain les trottoirs. Je ne veux pas en dire plus, car l'explication se situe à la fin des deux textes. Mais l'être pressé en saurait plus à la lecture de la seule poésie, Chicanerie, qui déjà donnait bien des pistes de réflexion sur ce point, et sur certains décrits plus haut.

Je terminerai en précisant que toutes les nouvelles ne sont pas inédites. Certaines ont déjà été publiées dans des revues comme Faërie (aux éditions Nestiveqnen) ou le webzine Solstice (aux éditions 5ème Saison). Mais à la lumière de la lecture faite cette après-midi, c'est véritablement une bonne idée de les rassembler, car l'on peut y comprendre un ensemble, et pas de simples individualités. J'ai hâte de voir le volume deux des contes M(y)a(l)giques.

Ecrite par Garion, le 10 Juillet 2007 à 10:07 dans la rubrique Roman Nouvelle .
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Prix littéraire
Ecrit par Garion le 10 Juin 2008

Avec les Contes Myalgiques, Nathalie Dau a reçu en 2008 le prix Imaginales de la nouvelle, à Epinal.
Un succés amplement mérité pour elle et son éditeur, Griffe d'Encre.

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