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Lemashtu

 
  Li-Cam
Edition : Griffe d'Encre, Collection : Roman 2009, 401 pages ISBN : 978-2-917718-05-6 20
 

Au pied de la demeure où a vécu jadis Vlad Tepes Dracul, l'empaleur, le père Féhik Alamédù observe son peuple, et les miradors qui les surveillent. De l'autre côté du mur, la liberté. Elle lui est déjà acquise, mais cette fois, c'est un autre qu'il doit emmener. Un garçon de huit ans à peine, Lem. Avec sa fonction de prêtre, les gardes laissent volontiers passer Alamédù sans remarquer le garçon dissimulé, mais là n'est pas la difficulté réelle : il faut sortir de la zone de confinement, et la frontière est lointaine. L'aide d'Aratar Déochetor ne sera pas un luxe en cela. Pourtant cette petite semaine de marche soutenue à travers les Carpates n'ont pas empêchés les soldats roumains de les traquer jours et nuits jusqu'à les rattraper. Féhik en réalité ne craint pas pour la vie de son protégé... mais de ces soldats.

Car Lemashtu Miazza Noptii Dracul est un voïvode strigoï, un seigneur des saigneurs. Et comme ceux de sa race, il possède un pouvoir mortel quand on le pousse dans ses derniers retranchements, l'Esprit de la mort, le Samodiva. Blessé, Lem par instinct a déclenché cette protection vitale et aspiré à lui la force vitale des humains qui l'entouraient. Sept ans plus tard, ce souvenir hante encore les nuits de Lem, dans son pensionnat londonien, à St Charles. Et comme pour tout adolescent, les cours l'ennuient. En particulier ceux d'économie de M. Forthcom. Il faut dire aussi que son statut au sein du lycée est particulier. Il ne peut assister que rarement à des cours avec les humains, quant au reste du temps, il étudie avec un professeur particulier, le tout sous la houlette du nekurat Aratar qui ne laisse rien passer.

La visite de son parrain, le nosférat Féhik Alamédù, va pourtant redonner un peu de joie au strigoï solitaire. En effet, le Vatican a accordé à un strigoï du clan des Bathory de le rejoindre ici, à St Charles. Voilà enfin une occasion de pouvoir parler à un membre de son peuple... et surtout de son âge. Quant aux autres élèves, ils sont à la fois fascinés et apeurés par la présence d'un "vampire" dans leur établissement. Cela ne fait pourtant pas peur à tout le monde, comme Maria ou Pauline, qui lui trouve un charme fou, ou encore leur club des impétueux qui aimeraient avoir un enregistrement de sa voix. Arthur, qui vient d'arriver en sixième année, voudrait entrer dans le club pour être avec la jolie française, Pauline, mais le strigoï lui fait peur. Pour relever le défi que lui lance Filippo, Arthur devra pourtant approcher de Lem, avec un enregistreur caché sur lui, et le tout sans éveiller les soupçons de son rusé précepteur.

D'habitude, quand on me parle de vampires, je soupire. Ce genre de récits un peu horreur, fantastiques, ne m'amuse pas des masses. Alors quand on m'a dit que Li-Cam écrivait un livre qui traitait du sujet, je n'étais guère emballé. Pourtant, pour avoir lu d'autres textes de l'auteur, je savais qu'il fallait s'intéresser à Lemashtu. Et j'ai finalement bien fait, car ce roman est vraiment très intéressant. D'abords parce qu'il est très, très loin d'être manichéen. D'emblée, nous sommes mis sous le point de vue des stryges, strigoïs en roumain, pour qui se nourrir de sang humain est une nécessité sous peine de mort. Et pourtant, l'Ordre du Dragon dont fait partie Féhik prône de ne pas se nourrir au détriment des humains. De même, cette uchronie place un passé où humains et stryges ont collaboré. Mais voilà, les strigoïs ont leur côté sombre qui peuvent leur faire perdre la tête (et paradoxalement perdre une partie de leurs pouvoirs). Ceux qui ont perdu leur âme, appelons là comme cela, sont appelés des moroïs.

Là où Li-Cam fait fort, c'est que dans une trame très basique d'adolescents qui, somme toute, se découvre, elle ajoute une machination qui divise l'église catholique. La quête initiatique de Lem, aidé comme il se doit, est semée d'embûches. Et lui-même ignore tout ou presque du monde extérieur tant ses tuteurs le mettaient à l'écart de tout. Il méconnait les moeurs de son peuple, et plus encore les choses ayant trait à la reproduction. Est-ce vraiment une bonne tactique de la part d'Aratar ? Il est aisé d'en douter.

Quoi qu'il en soit, j'ai dévoré les quatre cents pages de ce roman en deux soirs à peine, alors qu'il n'était pas sensé me plaire. Je n'ose imaginer l'avis de ceux qui sont déjà sensibilisés sur les vampires. Pour les néophytes, Li-Cam apporte des éléments de connaissance sur les stryges de façon très régulière. Puis, tous les deux chapitres environ, le récit est entrecoupé d'histoires plus anciennes qui sont arrivés à Féhik ou à ceux qu'il côtoyait. Des passages à ne pas zapper pour mieux comprendre la toile de fond du roman. Les petites fiches signalétiques des strigoïs sont assez intéressantes, quoi que leur contenu ne soit déjà dans le récit. Elles apportent une aération dans le récit et des illustrations crayonnés intéressantes.

Voilà, il me suffira de conclure par un avis très positif sur ce deuxième roman des éditions Griffe d'Encre. Une véritable usine à décortiquer les âmes.

Ecrite par Garion, le 09 Mars 2009 à 13:03 dans la rubrique Roman Fantastique .
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