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La marque de la bête

 
  Bousquet, Charlotte
Edition : Mango, Collection : Royaumes perdus 2009, 214 pages ISBN : 978-2-7404-2478-0 9
 

Brunehilde, dite Bruna, n'a jamais connu sa mère, morte en lui donnant naissance. On ne peut pas non plus dire qu'elle ait réellement connu son père : après la mort de sa femme, Isop de Caracal s'est peu à peu laissé entraîné dans une spirale de violences, de meurtres, de viols et de folie. Dans cette atmosphère lugubre, Bruna est bien seule... Elle trouve son unique réconfort dans la peau du Moroch, un animal fantastique tué par son père peu avant sa naissance - un animal qu'Isop rend responsable de la mort de sa femme.

Bruna, en grandissant, devient chaque jour plus belle et plus semblable à Mélisende, sa mère défunte. Pour son malheur, son père ne tarde pas à en prendre conscience et se met à concevoir pour sa fille un désir violent et irrépressible, qui va se solder par une tentative de viol. Bruna s'enfuit dans la forêt avec pour seule compagnie et pour seule possession la peau du Moroch.

Désespérément seule et confrontée à chaque heure de la journée à ses vieux démons, la jeune fille cherche dans sa fuite à se reconstruire. La peau du Moroch lui apporte un réconfort physique, en la réchauffant, et un réconfort psychologique, lui donnant l'impression qu'elle est moins seule. Mais n'est-ce qu'une impression ? Peu à peu, Bruna sent en elle s'éveiller des instincts animaux qu'elle ne soupçonnait pas : la soif de sang, le désir de tuer... Guidée par l'esprit du Moroch, la jeune fille s'enfonce peu à peu dans la sauvagerie...

Avec La marque de la bête, Charlotte Bousquet livre au lecteur sa version personnelle et fascinante de Peau d'Âne. Les références au conte sont nombreuses, dans la première partie du moins : la beauté de la fille qui renvoie au père l'image de sa femme défunte ; le désir incestueux et contre-nature du père ; les épreuves que sa fille tente de lui imposer pour repousser un mariage qui lui fait horreur ; et puis la fuite dans la forêt, dissimulée sous une peau de bête, lorsque toute autre alternative semble impossible. A compter de la fuite de Bruna, Charlotte Bousquet s'éloigne peu à peu de la trame du conte pour se concentrer à raison sur les tourments qui agitent son personnage après avoir vécu une si douloureuse épreuve : comment Bruna va-t-elle pouvoir se remettre des violences infligées par son père ?

Le périple de la jeune fille dans la forêt prend la forme d'une longue et douloureuse quête initiatique personnifiée par son attachement au Moroch : Bruna va-t-elle céder, comme son père avant elle, à ses instincts sauvages, en se fondant définitivement avec l'esprit de la bête dont elle porte la peau ? Va-t-elle, au contraire, parvenir à sauvegarder son humanité et à regagner indemne le monde des hommes, dont la brutalité de son père l'a arrachée ? Un compromis est-il possible ? A la fois belle et bête, Bruna va avoir un long chemin à parcourir avant de trouver les réponses à toutes ces questions...

Avec cette réinterprétation brillante du conte des Frères Grimm (Mille fourrures ou Peau-de-mille-bêtes, adapté ensuite par Charles Perrault sous le titre Peau d'Âne), Charlotte Bousquet plonge sans complaisance le lecteur au plus près de l'horreur qui sourde dans le conte original. Le résultat est pourtant lumineux et optimiste : l'auteure réussit à créer une héroïne blessée, mais touchante dans sa quête d'elle-même, et dont on suit avec fascination le cheminement vers la paix et l'amour.

Écrit dans un style limpide et fluide et enrichi d'un lexique, La marque de la bête pourra être proposé aux enfants dès onze ans, mais le message profond et enrichissant qu'il contient passionnera également les adultes. En somme, un livre intelligent, profond et marquant, à mettre entre toutes les mains !

Ecrite par Naolou, le 03 Novembre 2009 à 18:11 dans la rubrique Roman Fantastique .
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