Liste des ouvrages - Participer   Liens

Recherche  

Coups de coeur  

Tous les coups de coeur


Session  
Nom d'utilisateur
Mot de passe

Kikekoi  
L'équipe
Contact

Ailleurs  
Le billet d’Audrey Vernon du 17 mars 2017 sur France inter (solidaires08)
La répression syndicale tue. Plus jamais ça ! (solidaires08)
Grève chez Unilin (solidaires08)
Solidaires en action n° 147 (9 mars 2017) (solidaires08)
Un délégué du personnel et militant SUD-Rail de Paris Saint-Lazare a mis fin à ces jours (solidaires08)



 

La bête

 
  Roslund, Anders & Hellström, Börge
Edition : Pocket, Collection : Policier 2010, 427 pages ISBN : 978-2-266-19944-5 7,30
 

Bernt Lund est incarcéré depuis quatre ans dans le quartier des délinquants sexuels de la prison d'Aspsas. Il a violé, torturé et tué deux fillettes avant d'être arrêté, et ce n'est pas son premier séjour en prison... Lors d'un transfert pour raisons médicales, il parvient à échapper à la vigilance de ses gardiens et se retrouve à nouveau libre.

Fredrik, écrivain, souffre du syndrome de la page blanche. Divorcé, insomniaque, mal dans sa peau, il ne vit que pour sa fille, dont il se partage la garde avec son ex-femme. Ce matin-là, il fait particulièrement chaud sur la Suède. Fredrik se réveille en fin de matinée après une nuit d'insomnie. Sa fille insiste pour qu'il la conduise au jardin d'enfants : elle a envie de déjeuner et de jouer avec ses petits camarades. Fredrik se laisse convaincre et décide de passer ce temps à tenter d'écrire. Il dépose donc son petit trésor à la garderie. Il remarque un homme qui prend le soleil sur un banc, devant l'entrée. Il le prend pour un père et le salue avant de rentrer chez lui pour essayer de se mettre au travail. Là, il aperçoit sur son écran de télévision le visage qu'il vient de croiser : l'homme qu'il a salué devant la garderie n'est autre que Bert Lund... Le pire va se produire pour sa fille, et Fredrik va prendre la décision radicale de faire justice lui-même.

Voilà un roman qui commence fort avec une scène d'ouverture presque insoutenable. On a ensuite le temps de s'attacher à Fredrik et à sa fille, tout en sachant - la quatrième de couverture nous avait prévenus - qu'il n'y a pas grand chose à espérer pour eux. Les éléments s'enchaînent, implacables, et les personnages se retrouvent rapidement plongés dans le cauchemar le plus complet. On aurait pu s'arrêter là ; rien que ces évènements suffisaient à constituer un polar efficace pour qui aime les histoires sombres et les scénarii tordus. Mais les auteurs vont plus loin, car le père décide de se faire justice lui-même. Là aussi, ils auraient pu ne pas chercher plus loin et nous servir un Non coupable (John Grisham) à la sauce suédoise. Il se trouve qu'ici, on suit en parralèle le parcours judiciaire de ce père - qu'on a du mal à considérer comme coupable, même s'il est coupable de meurtre - et les raisonnements d'un groupe d'amis, qui suivent l'affaire depuis leur télé, à l'autre bout du pays. Leur conclusion est la suivante : si Fredrik est acquitté, pourquoi ne pas suivre son exemple ? Et les voilà qui décident de "nettoyer" leur commune de tous les individus qui, à tort ou à raison, leur paraîtront suspects...

Au-delà d'une construction habile, où les multiples changements de points de vue permettent de suivre l'action sous divers angles et de maintenir le suspens, Roslund et Hellström nous proposent un thriller choc et vraiment intelligent qui pose la grande question : a-t-on le droit de réparer soi-même les torts qui nous sont fait quand on s'attaque à notre famille ? Ce n'est qu'une fois le livre refermé que l'on comprendra le point de vue des deux auteurs sur la question. En décrivant les trajectoires différentes de chaque personnage (le pédophile, le père de la victime, les flics, le juge, les avocats, les autres détenus, les citoyens lambdas), le duo nous offre un point de vue d'ensemble qui permet de réfléchir à fond sur ce sujet épineux. Car si l'on ne peut que comprendre le geste extrême du père de la petite suppliciée, comment se prémunir des dérives qui en découleront ? Une fois lancé, est-il seulement possible de stopper l'effet boule de neige de la violence ?

Un polar diablement intelligent et dénué de tout manichéisme, qui offre un moment de lecture intense et fait vraiment réfléchir. Il m'a d'ailleurs valu de longues heures de discussion avec mes proches. Un de ces livres qui font avancer...

Ecrite par Naolou, le 21 Décembre 2010 à 21:12 dans la rubrique Roman Polar .
Commenter cette chronique







© 2001-2011 - Les Chroniques de l'Imaginaire. Tous droits réservés.
Biz : moteur Niutopia, WongLi : code, Arsenik_ : adaptation skin
Design © 2003 yassineb