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Chants de l'espace

 
  Delany, Samuel R.
Edition : Bragelonne 2008, 694 pages ISBN : 978-2-35294-182-8 25
 

Dans cet opus sont réunis des textes publiés originellement entre 1965 et 1968, par un auteur beaucoup plus mature que son jeune âge (23 ans en 1965) ne l'aurait laissé prévoir.

La Ballade de Bêta-2 : Le jeune et brillant Joneny est furieux de devoir consacrer du temps à l'une des ballades composées par les occupants des vaisseaux qui se sont traînés à travers l'espace pendant que l'humanité inventait l'usage de l'hyperespace. Mais, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, il s'y rend.
Cette novella, toujours originale et touchante plus de quarante ans après sa première publication, décrit un alien particulièrement troublant, dans sa séduction étrangère. On y trouve aussi cette importance centrale de l'art et du langage, qui sont une constante dans l'oeuvre de l'auteur. Enfin, même si elle n'est pas immédiatement apparente, la construction du texte est remarquable.

Babel 17 : L'Alliance est en guerre depuis si longtemps que la paix est un rêve inacessible. Mais c'est la possibilité d'une défaite qui inquiète le général Forrester, soucieux à cause de cette sorte de charabia, qu'il suppose être un code, qui sature les communications juste avant un acte de sabotage, ces derniers s'étant multipliés depuis quelques mois. Pour le déchiffrer, il fait appel à Rydra Wong, poétesse et linguiste. Le prochain sabotage visant les chantiers militaires, elle décide de s'y rendre pour étudier les messages, et prend l'espace à bord de son vaisseau, le Rimbaud, avec un équipage soigneusement choisi.
L'un des romans les plus connus de l'auteur, incontournable pour qui s'intéresse au langage, et à la façon dont la langue que nous parlons façonne notre perception de la réalité.

Empire Star : En quittant sa planète implexe perdue au bout de rien, Comet Jo deviendra seulement Jo. Au début. Car ce n'est que le premier pas d'un long périple spiralé où il rencontrera plusieurs fois Sanseverina et le Mul.
Cette novella vertigineuse, dont les personnages renvoient de très loin à Babel 17, est une extraordinaire histoire de voyage, un space opera au plein sens de ces deux termes, et contient également, avec les Lll, des aliens très particuliers.

La Fosse aux Etoiles : Vyme a perdu toute sa famille, et plutôt deux fois qu'une. Mais il a son affaire de réparations d'astronef, et la compagnie de tous les enfants et adolescents paumés qui y échouent, pour mieux en repartir, d'une façon ou d'une autre.
Dans cette nouvelle apparaît l'une des récurrentes de la littérature de l'auteur : la toxicomanie. C'est aussi, écrit en 1967 par un jeune homme de 25 ans, un texte touchant sur la paternité, bien ou mal vécue, et sur le respect de l'enfant, quoique chacun puisse en avoir une conception un peu différente.

...Et pour toujours Gomorrhe : Les spatiaux ont perdu quelque chose, et quand ils sont en bordée, à New York ou ailleurs, cela les rend autant attirants pour les uns que repoussants pour les autres. Il faut toujours repartir.
Dans cette nouvelle, la plus courte du recueil, l'auteur s'interroge, et conduit son lecteur à s'interroger, sur la sexuation, et sur la place qu'occupe la sexualité, quelles qu'en soient la forme et les modalités, dans notre vie et notre culture.

Nova : Lorcq von Ray et Prince Red sont ennemis quasiment depuis toujours, mais surtout depuis cette soirée à Paris où Prince a vu Lorcq embrasser sa jumelle, la belle Ruby Red. Depuis cette soirée, Lorcq sait qu'il doit détruire Prince, ruiner ses entreprises. Aussi organise-t'il une expédition folle, avec un équipage hétéroclite, pour ramasser la substance la plus recherchée de l'univers, l'illyrion, dans le coeur d'une étoile en train de devenir une nova.
Quintessence du space opera, ce roman, sans doute le plus abouti de l'auteur parmi ceux qui ont été traduits en français, répertorie tous les thèmes majeurs de Delany : l'importance du langage (même si ce thème en particulier y est moins premier que dans Babel 17), celle du corps physique et de ses altérations (déjà abordé dans Babel 17 également, sur un autre mode), le voyage, bien sûr, qui est une constante, l'importance de l'art sous ses différentes formes (avec la Souris et Katin), et la vitalité des non-conformes, des marginaux (évidente dans toute l'oeuvre, mais déjà vue surtout dans Babel 17), par rapport à celle des autres, des "normaux".

Le temps considéré comme une hélice de pierres semi-précieuses : Hank (ce soir-là) est un voleur qui vit de trafics plus ou moins gros. Il est aussi l'ami de Faucon, le Chanteur, qui lui propose de l'amener à une soirée huppée, qui lui donnera sans doute la possibilité de fourguer son butin précédent. Il y rencontrera Le Faucon, l'un des plus grands voleurs du moment.
Dans cette nouvelle où le temps est marqué par la pierre choisie comme signal de reconnaissance et d'alerte chaque mois, la marginalité prend la première place, puisqu'y vivent tous les personnages intéressants, soit du fait de leur talent, soit de leur façon de vivre.

Même si la plupart de ces textes, précédés par une préface les situant dans la vie de l'auteur, et suivis par une bibliographique à la fois alléchante et frustrante pour tout fan francophone de l'auteur, a déjà été traduite, certains étaient devenus difficiles à trouver et c'est une excellente initiative de la part de l'éditeur de les avoir regroupés, permettant ainsi au lecteur familier de l'oeuvre de les relire, dans un ordre chronologique, et offrant à de nouveaux lecteurs la possibilité de découvrir l'un des auteurs les plus géniaux de la SF du XXe siècle.

C'est en effet de génie qu'il faut parler à propos de Delany, qui semble n'avoir été influencé par aucun autre auteur, ni avoir eu aucun émule non plus, d'ailleurs. Il est, au plus haut point, singulier. Même si l'audace des ses thèmes a pu diminuer avec le passage du temps, elle reste évidente si on replace l'oeuvre à l'époque où elle a été écrite. Il est l'un de premiers à avoir donné la place principale à un personnage de couleur, par exemple, et la prééminence dans son oeuvre de la sexualité, surtout dans ses formes "alternatives" a pu faire scandale, et reste originale.
Sur le plan stylistique, la construction de ses romans, évidente dans les novellas, est un tour de force, et les personnages, même si on les reconnaît d'une oeuvre à l'autre, sont assez forts et complexes pour rester fascinants.
Reste à espérer que ce recueil ait assez de succès pour décider l'éditeur à regrouper les autres oeuvres déjà parues en français, et à traduire les autres, notamment Dahlgren, bien sûr, mais aussi le cycle de Neverÿon, dont on ne connaît en France qu'une infime partie... mais ceci est une autre histoire... à venir, souhaitons-le.

Ecrite par Mureliane, le 11 Août 2008 à 16:08 dans la rubrique Roman Sf .
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