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Ainsi vivent les morts

 
  Self, Will
Edition : Olivier 2001, 448 pages ISBN : 2879292778 22
 

Lily a traversé le Styx, et son Charon s'appelle Phar Lap Jones aborigène australien affublé d'un bullroarer et de quelques boomerangs. Décédée des suites d'un cancer du sein sa Coquinette aggravé par des métastases au cerveau, Lily entend bien nous raconter sa vie et aussi, pourquoi pas, tant qu'à faire, sa vie sordide d'ectoplasme, c'est-à-dire, sa vie dans son corps subtil.

Ah ! Elle en a beaucoup à dire, plutôt à râler, cette enquiquineuse sexagénaire. D'où, cette insolite promenade dans la vie après la vie, où nous l'accompagnons de sa crémation à sa réincarnation. Treize années où elle se remémore sa vie pour la vomir à nouveau ; treize années aussi, pour s'apercevoir que même chez les morts, la hiérarchie existe et qu'elle devra se contenter d'un sous-sol miteux, dans un quartier malfamé, pour égrener son ressentiment, et se consoler en fumant cent quarante cigarettes par jour, sans crainte d'avoir le cancer du poumon. Joyeusement entourée dans l'intimité de son home crasseux, du bourg de Dulston, par un foetus fossilisé calciné (le lithopédion Lithy), son fils Rude Boy (mortellement heurté par une voiture) et les Graisses (trois magmas adipeux formés de cellulite juvénile représentant ses innombrables régimes).

Pour son plus grand malheur, Lily, adepte insatiable du sexe et de la nourriture, devra ronger son frein : dans l'après vie les âmes errantes ne sentent plus le toucher, et par ailleurs la nourriture est mastiquée et jetée dans un seau les corps subtils ne pouvant avaler quoi que ce soit. Lily, femme d'un poids avantageux, dirons-nous pour rester dans les normes de la délicatesse, a passé sa vie dans les diètes inabouties et les renflements de sa graisse. Elle a mangé tant et tant, en fait, cette femme a tout dégluti: ses émotions, ses malheurs, ses inquiétudes, ses désastres, ses hommes, ses ressentiments, son judaïsme, sa famille, son psychanalyste, ses médecins, la société pour les vomir dans une escalade vertigineuse dimprécations. Lily Bloom, cette Juive américaine, n'a rien à envier à Job vociférant sur son fumier. « Cloué soit le Seigneur », se plaît-elle à dire irrévérencieusement.

Tragédienne à ses heures, et les heures furent nombreuses, arrogante virtuose en permanence, Lily Bloom s'est maintenue en vie par un régime inlassable d'anathèmes lancés contre son pays d'accueil, la terre pourrie d'Angleterre, et plus particulièrement Londres, la cité poubelle, où les immondices ne se retrouvent pas à la décharge publique, loin de là. Lily a une haine viscérale pour les Anglais, ces nauséabonds cadavres ambulants.

Rien n'échappe à sa hargne qui se dandine dans une jalousie hors du commun: Lily Bloom aurait désiré tout bêtement ne pas être Lily Bloom. Besoin immodéré d'être aimée, d'être enlacée, de n'être exclue de quoi que ce soit.

L'avis d'Arsenik_ :
Un vrai bonbon au poivre.

Tout y passe, les bourgeois, les juifs, les jeunes, les vieux, les gros, les maigres. Tout le monde en prend pour son grade. Lily en veut a tout le monde, déteste tout le monde et surtout elle-même.

Un regard assez satirique sur la société en générale et anglaise en particulier. Malgré le ton monotone dû au fait que l'on regarde la vie depuis la mort et surtout la monotonie de la mort j'ai lu ce roman quasi d'une traite (faut dire que mon voyage dans les Vosges avec ses 6 heures de train m'ont bien aidé, un livre a l'aller, un au retour). Elle est tellement...méchante envers l'humanité qu'elle en devient touchante, cette satanée Lily Bloom.

Ecrite par Arsenik_, le 22 Mars 2004 à 08:03 dans la rubrique Roman Fantastique .
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